La disparition de Dadou Pasquet imprime une blessure indélébile au cœur de la création haïtienne. Une désolation sourde étreint la communauté musicale, orpheline de l’un de ses plus éminents guitaristes, foudroyé par une implacable maladie. L’annonce, confirmant les craintes les plus sombres nées de son récent silence, scelle une tragédie annoncée.
Naguère, sa guitare tissait la trame sonore du « jazz du Compa», ses doigts faisant jaillir une harmonie à la fois virtuose et éperdument lyrique. Aujourd’hui, le silence qui lui succède est une dissonance abyssale. La scène, privée de sa présence énergique, semble soudain dépeuplée.
Sa famille, en un réflexe de pudeur douloureuse, avait imploré la discrétion durant cette ultime épreuve, ne laissant filtrer qu’une inquiétante mise en retrait. Le deuil, désormais public, n’en est que plus lourd.
Il demeure, en héritage, un corpus d’œuvres d’une richesse envoûtante, partition vivante d’une âme qui n’aspirait qu’à faire vibrer, rêver, danser. Dadou Pasquet est parti, mais sa mélodie, elle, persiste, vibration éternelle dans le patrimoine haïtien et caribéen. Une légende s’éteint. Sa musique, elle, ne se taira jamais.




